Vous êtes 38.103.63.18(Login)

overcrowded / Rapport Rocard I2

carte des liens de la page courante RapportRocardI2 RapportRocard RapportRocardI2Discussion

Rapport Rocard I2

Retour au sommaire du rapport Rocard / Discuter de ce chapitre


I - 2. Rendre effectives les capacités numériques

Il faudrait rendre effectives les capacités numériques à créer, innover, entreprendre. Ces capacités s’ancrent dans l’architecture même du réseau qui donne le pouvoir aux individus d’être émetteurs, tout autant que récepteurs, de contenus, et qui assure que leurs messages seront transmis avec la même priorité que ceux des grands groupes multinationaux.

L'architecture de l’internet possède en effet des particularités qui ont contribué à son succès : l’interopérabilité, l'ouverture et le principe du « end-to-end ».

Bernard Benhamou a, pour sa part, défini ces principes comme suit : « Internet, est, avant d'être un réseau ou même un réseau de réseaux, d'abord un assemblage de protocoles dotés de caractéristiques spécifiques. (…) L'une des particularités de cette architecture est liée à l'indépendance des différentes "couches" qui constituent le réseau. Le double protocole fondamental de l’internet TCP/IP assure en effet une séparation entre les fonctions de transport et les fonctions de traitement des informations.

Cette séparation est l'un des principes essentiels de l’internet : le principe du end-to-end (ou architecture de "bout en bout"). Selon ce principe, l'"intelligence" du réseau est située à l'extrémité des mailles et non centralisée dans le réseau lui-même, les fonctions "nobles" de traitement de l'information étant alors réservées aux ordinateurs (et aux usagers) situés aux extrémités du réseau. C'est cette particularité de l'architecture de l’internet qui a permis à des utilisateurs "isolés" de développer des technologies qui par la suite ont été adoptées mondialement » [5].

Cette organisation en réseau et la « neutralité » de l’internet qui en découle doivent être préservées. Par exemple, la possibilité d’innover à faible coût d’entrée resterait purement virtuelle si les brevets logiciels rejetés par le Parlement Européen devaient être réintroduits dans d’autres textes ou continuaient à être acceptés subrepticement par l’Office européen des brevets.

Un environnement règlementaire ouvert n’est toutefois pas suffisant. L’éducation joue un rôle central dans la construction des capacités et des savoir-faire nécessaires à l’usage pertinent d’internet et du numérique, diffusion des valeurs associées de coopération et d’innovation.

Un cercle vertueux peut ici s’ouvrir, car les biens communs produits grâce à internet et au numérique (logiciels libres, ressources éducatives et collaboratives) enrichissent l’action du système éducatif tout autant qu’ils en dépendent. Mais en plus d’avoir un impact sur les ressources éducatives, ces ressources pourront être à l’origine du développement de nombreuses activités économiques.

[5] - “Organiser l’architecture de l’internet” par Bernard Benhamou, revue Esprit, mai 2006.
Il n'y a pas de commentaire sur cette page. [Afficher commentaires/formulaire]