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| Projet Art Everywhere DiscussionArt? Design? New Media? Digital arts?Since the first draft of the Art everywhere conference program, a rich debate has emerged among our colleagues and collaborators. The point is to define more accurately the scope of our reflections, and find the best direction to head for. Indeed, isn't it presumptuous to use the term "Art", when more pragmatic terms like "digital arts", "design", or "new media" might have better fit our concerns? Moreover, we can wonder whether we should talk about "science" or "technique" in our conference. Anyway we are convinced that the very aim of the conference is to tackle these questions and build up deep, fruitful collaborative answers. And this is to be considered as a long-term challenge… The following dialogue, that was held a few days ago between two of our collaborators, could be set as an introduction to the debate. (we apologize for not having an English version of it). Chantal: En réduisant les discours au dialogue entre ingénieurs et artistes (avec un acteur en arrière-plan, le business), on réduit l'art aux enjeux pragmatiques du design (mais c'est la règle du jeu ou le positionnement du séminaire, qu'il faut juste indiquer par une phrase introductive pour nuancer l'emploi abusif du mot art). D'ailleurs je militerais pour l'introduction du mot design dans le titre : "Art Design & Innovation", d'autant que les anglo-saxons l'utilisent dans un sens beaucoup plus large qu'en français. D'ailleurs, dans le résumé de Rob Van Kranenburg (qui, selon moi, théorise le mieux le propos du séminaire), n'apparaît nullement le mot art, mais design, architecture et culture, qui sont véritablement appropriés au processus dont nous voulons parler. Emmanuel: Pour les français, le terme design est trop svt réduit à une simple question d'esthétisme, de jugement de valeur normatif. Je suis d'accord avec toi, Design est à comprendre dans son sens anglosaxon, ok pour l'y introduire. Mais alors il faut que les interventions en tiennent comptes, au moins quelques-unes. Celle de Rob le fait. Je peux demander à Roger Malina de l'inclure dans son propos. Je peux aussi changer mon résumé sans pour autant perturber la logique du planning... C: Dans l'histoire de la modernité, la rencontre entre les 2 univers se joue moins sur le croisement entre art et technique que sur le dialogue entre Science et art : en quoi la vision du monde que propose la science modifie celle des artistes (la réciproque a été rarement abordée, c'est ce qui me plaît dans notre séminaire : en quoi la sensibilité artistique peut-elle modifier la vision des scientifiques). C'était l'objet de la fameuse expo "L'âme au corps" qui expliquait comment les théories sur la lumière ont inspiré Turner, ou comment la découverte de l'hystérie à la Salpétrière a modifié la peinture de Munch qui y a séjourné. E: Deleuze montre très bien que les artistes créent ce qu'il appelle des percepts (concept qui n'a rien à voir avec la "perception"), les philosophes des concepts, et les scientifiques des fonctions. Et ces trois types de créations produisent des visions du monde, et parfois elles sont en lien les unes avec les autres. Il n' ya pas nécessairement dialogue d'ailleurs entre science, art et philo mais plutôt résonnance... Bref, on peut en discuter longuement, mais entièrement d'accord avec toi sur le fond. Par contre, dans le cadre d'un séminaire si certains parleront de relation art/science (Roger Malina, je le ferai aussi), la plupart parlent effectivement de relations art/technique... La description de pratiques artistiques en lien avec des pratiques techniques n'est pas à négliger, il ne faut pas qu'on se contente de commenter la relation art / sciences, il faut les deux approches. C: La technique quant à elle a toujours été un outil à la création, mais sa contribution porte moins sur la modernité du regard de l'artiste ou de l'œuvre que sur les conditions de la réception et circulation de l'œuvre. ::L'œuvre d'art à l'ère de sa reproductibilité technique : - "L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproduction numérisée" - L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproduction mécanisée E: Benjamin montre effectivement cela, mais les outils de reproductibilité sont aussi des outils de création (ce qui produit par ex. le "net art"), la distinction entre "création", "diffusion" (ou "circulation") et "réception" est devenue caduque (à mon sens)... S : A ce propos Roy Ascott utilise le terme d''environnement C: Ce qui a fait dire à Jean-Luc Godard que la TV ne montre rien de la modernité de l'image, qu'elle n'est qu'une radio avec des illustrations imagées (en ne gardant que le son, on ne perd rien du sens de son discours). La TV n'est pas une révolution de l'image comme la photo ou le cinéma (et donc de l'art), elle est celle de la communication. Je trouve que la boutade godardienne est utile pour interroger la contribution que la vidéo ou la photo peut apporter au téléphone. E: Lire Michel Chion ou Jean Paul Fargier au sujet de l'image électronique comme bruit. C: D'autant que le thème "Art everywhere" concerne les véhicules d'échange ou d'autopublication des oeuvres grâce à internet et aux outils collaboratifs (et non sur le regard que portent les artistes et ingénieurs sur le monde et la société, ce qui est la définition première de l'art). E: Je ne connais pas de définition première de l'art, mais des pratiques artistiques extrêmement hétérogènes. Le "regard des artistes sur..." n'est pas intéressant en soi, ce sont leurs pratiques qui sont à interroger et qui en retour nous interrogent. Pour ce qui concerne le titre "art everywhere", cela pose la question finalement de la dissolution de l'art comme "discipline moderne" (pour le meilleur et le pire :-) Lire à ce propos "l'art à l'état gazeux" d'Yves Michaud, je ne suis pas d'accord avec son ton moraliste, mais c'est assez marrant à lire) C: La modernité sociale (notamment celle de la Chine) est absente du séminaire. On s'y réfère beaucoup à l'attachement de l'art chinois aux formes traditionnelles et à l'académisme (ce qui est vrai). Cependant on ne comprend pas bien pourquoi le cinéma asiatique fait un tabac en occident depuis 10 ans (confirmé par la présidence chinoise du dernier festival de Cannes) au point de faire passer nos vieux cinéastes européens pour de doux radoteurs. N'est-ce pas un peu anachronique pour un séminaire sur "l'innovation" de passer sous silence l'intrusion asiatique sur les scènes mondiales des industries culturelles ? Qu'ont-ils à dire ou à montrer de si étonnant ? E: Nous aurons besoin de tes "Lumières" (sans jeu de mot) à ce sujet. Le séminaire ne peut pas tout traiter! Cela reste une première pierre!
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